Chosun Ilbo | [La radio-peinture de Kim Hyun Jung (9)] Trouver des titres pleins d’humour
Dans sa chronique, la peintre coréenne Kim Hyun Jung explique comment elle choisit les titres des œuvres de sa série ‘Naesoong'. Elle raconte qu'au début, elle les nommait sans grand soin, selon un schéma du type ‘Naesoong 1, Naesoong 2', avant d'expliquer ce qui l'a amenée à leur donner plutôt des mots pleins d'humour et de tendresse, un peu comme on choisit le prénom d'un enfant. Elle décrit sa volonté d'alléger, par des titres humoristiques, le thème grave du ‘moi et du regard d'autrui', afin que le public puisse y trouver un plaisir partagé.
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Fesses timides
Wonder Woman Diary
La table parfaite
Oups
La voie royale
Bravo, encore aujourd'hui
Toi qui me fais avancer
La fleur de mugunghwa a fleuri
Kim, la dictatrice sur le perchoir de l'arbitre
Vivre et mourir pour l'objet
Le signe de reprise
Des mots et des phrases énigmatiques — tous sont des titres tirés de la série ‘Histoires de Naesoong'.
Les titres de la série Naesoong que je peignais au début suivaient souvent un schéma du type « Naesoong 1, Naesoong 2, Naesoong 3… ». Je crois que le modèle « Sans titre 1, Sans titre 2, Sans titre 3… », que l'on croise si souvent dans les livres d'histoire de l'art, s'était inconsciemment logé dans ma tête.
Mais à un moment donné, j'ai commencé à confondre les noms de mes œuvres, qui sont comme mes propres enfants. Au milieu de tant d'autorités et de hiérarchies rigides, sans même m'en rendre compte, ma sensibilité autrefois si souple s'était déjà mise à se figer peu à peu. Ce sourire qui me venait autrefois pour les petites choses disparaissait de plus en plus, et je devenais une adulte terne, avare de son rire. J'en ai soudain eu honte. J'ai alors commencé à donner, avec soin et tendresse, un nom aux œuvres qui me tenaient le plus à cœur.
Trouver un titre ressemble beaucoup au processus qui consiste à choisir le nom d'un enfant. On commence par un petit surnom léger et mignon, un peu comme un prénom donné avant la naissance. Une fois l'œuvre achevée, je me remémore les nombreux mots et phrases qui m'ont traversé l'esprit pendant que je peignais, puis je choisis le titre. Il arrive souvent que ce surnom devienne finalement le titre définitif. Ce qu'il ne faut surtout pas perdre de vue à cette étape, c'est l'élément d'« haehak » (諧謔), l'humour. Ce mot, formé des caractères chinois signifiant tous deux « taquiner » ou « plaisanter », désigne une blague ou un trait d'esprit à la fois drôle et un peu triste. Dans ces mots et phrases courts empreints d'humour, on peut parfois deviner l'intention de l'artiste, et il est essentiel, à mes yeux, que le public puisse y retrouver diverses émotions et partager ce plaisir ensemble.
La série Naesoong porte certes ce nom mignon et attachant de ‘Naesoong', mais elle cache derrière elle un thème bien plus lourd : celui du ‘moi et du regard d'autrui'. À travers une mise en scène théâtrale et des titres pleins d'humour, je voudrais adoucir cette profondeur et la transformer en un objet de reconnaissance joyeuse et partagée.
Certains souriront en se reconnaissant dans leur propre expérience, tandis que d'autres regarderont le tableau avec des émotions bien différentes de celles que suggère le titre. Le titre profond et énigmatique « Sans titre », si fréquent dans l'art pur, incite assurément à toutes sortes de réflexions. Et si, aujourd'hui, on se laissait plutôt aller à savourer ces tableaux un peu plus accueillants de la série Naesoong, tout en trouvant, pourquoi pas, un titre à sa propre journée ?