JBL Harman Kardon en ligne | Interview Harman Kardon Corée : #2 la peintre coréenne Kim Hyun Jung
Un entretien en ligne publié par Harman Kardon Corée sur sa page Facebook, dans lequel l'artiste Kim Hyun Jung évoque la genèse de sa série « Naesoong », l'image double exprimée par la jupe de hanbok semi-transparente, les raisons pour lesquelles le public aime ses œuvres, ainsi que sa méthode de travail en tant que peinture de mœurs du XXIe siècle. À la fin de l'entretien, elle note que le design de l'enceinte AURA Studio préparée pour l'occasion, évoquant une jarre en terre cuite et la couleur de l'encre, rejoint l'imagerie de ses propres œuvres.
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[Interview Harman Kardon Corée : #2 la peintre coréenne Kim Hyun Jung]
HK : Pourriez-vous vous présenter brièvement et saluer les abonnés de la page Harman Kardon ?
Kim : Bonjour. Je suis Kim Hyun Jung, peintre coréenne, et je peins les « Histoires de naesoong ». Partant de l'élégance et du mystère que dégage le hanbok, j'y capture des scènes du quotidien, sans façon, de femmes vêtues de hanbok. J'ai à ce jour participé à une quarantaine d'expositions, dont trois expositions personnelles, et j'ai exposé à New York, en Allemagne et à Hong Kong. Je poursuis actuellement un doctorat à l'école doctorale de l'Université nationale de Séoul.
HK : Vous avez brisé le cadre figé de la peinture coréenne. Y a-t-il eu un déclencheur particulier à l'origine de ce style aussi audacieux ?
Kim : Je ne pense pas que « Histoires de naesoong » soit une œuvre totalement originale qui s'affranchirait de la peinture est-asiatique traditionnelle. Je crois que de telles tentatives audacieuses ont déjà été explorées par de nombreux artistes avant moi. Je suppose cependant que cela a pu paraître audacieux du fait qu'une femme en hanbok se livre à des activités quotidiennes du XXIe siècle, et du sentiment produit par le choc entre des accessoires symbolisant notre époque et l'élément traditionnel qu'est le hanbok. L'œuvre « Naesoong », qui saisit des scènes où un personnage porte un hanbok élégant tout en adoptant des comportements totalement inadaptés, est née à l'origine de l'intention de caricaturer les personnes dont l'apparence extérieure diffère de leur nature intérieure. Le hanbok était déjà, depuis mon enfance, un objet que j'aimais, mais je l'ai aussi repris pour exprimer le mystère infini caché sous la jupe du hanbok, et je l'ai représenté semi-transparent pour évoquer l'idée qu'« on voit clairement à travers ». Je pense que c'est l'ajout d'accessoires modernes, qui caricaturent des personnes à l'apparence et à l'intériorité différentes, qui a provoqué ce choc entre les éléments.
HK : N'y a-t-il pas eu de résistance ou de critiques de la part du courant dominant de la peinture coréenne traditionnelle ?
Kim : Ceux qui tentent quelque chose de nouveau travaillent toujours en tenant compte du fait qu'ils rencontreront à la fois soutien et critique. Je pense que le soutien et les encouragements envers ce qui est nouveau et singulier, comme les avis contraires, sont des réactions inévitables dans la création artistique. Plutôt que de limiter cela à une résistance ou à des critiques venant du courant dominant de la peinture coréenne, ce sont en réalité le public, mais aussi des amis proches, voire ma propre famille, qui m'ont fait part d'avis très divers. Comme je l'ai mentionné plus haut, il y a même eu des moments où les personnes qui me soutenaient et celles qui ne me soutenaient pas se sont nettement divisées. Mais à force de réfléchir et de chercher comment transmettre ce que je cherchais à exprimer, mon travail a fini par être reconnu comme un univers original à part entière, ce qui m'a permis d'en arriver là où j'en suis aujourd'hui.
HK : Vous avez surgi comme une comète, battant des records de plus jeune et de plus prolifique artiste, pour devenir une véritable idole de la peinture coréenne. Selon vous, pourquoi le public aime-t-il autant vos œuvres ?
Kim : Comme la plupart de mes travaux sont des autoportraits confessionnels, toute ma vie devient source d'inspiration. Je pense que le fait de peindre ces scènes du quotidien avec sincérité est l'une des raisons pour lesquelles on les apprécie.
Par exemple, « Ardeur guerrière » représente une scène où je mange un menu hamburger : en travaillant, j'avais sauté des repas, et au moment où j'ai cru défaillir, je me suis vue manger avec une énergie presque combative ; je me suis dit « voilà bien du naesoong ! » et j'en ai fait le sujet du tableau. Si je pique les frites avec une paille, c'est parce que j'étais en train de peindre et voulais éviter de me graisser les mains. Quant à « Cela a son charme », l'œuvre est née d'un moment où, aux toilettes — cet espace qui m'appartient entièrement, à moi seule —, je jouais avec mon téléphone et j'ai pensé que c'était un instant à la fois secret et plein de charme ; j'en ai alors fait une image. Mes idées surgissent soudainement de ma vie et de mes expériences, et il semble que plus elles sont universelles, plus elles suscitent d'affection.
HK : J'ai lu que votre travail se conçoit comme une « peinture de mœurs du XXIe siècle ». Comment choisissez-vous vos sujets ?
Kim : Puisque mon travail est mon propre autoportrait, je puise en réalité mes sujets dans les instants mêmes de ma vie quotidienne. Les idées qui me viennent soudainement de ma vie et de mes expériences semblent recevoir d'autant plus d'affection qu'elles sont universelles. J'ai porté un regard un peu plus sensible sur ces banalités que tout le monde laisse simplement filer, et je les ai fait entrer dans mon travail. Je crois en réalité que la vie n'est pas une succession de grands événements, mais un empilement de petits riens quotidiens qui, en s'accumulant, créent des phénomènes intéressants. En découvrant les multiples visages qui s'y cachent et en répétant sans cesse de nouvelles tentatives, je fais naître mes œuvres.
HK : Le personnage principal de vos tableaux vous ressemble : est-ce vous-même que vous peignez ?
Kim : « Histoires de naesoong » est mon autoportrait confessionnel, orienté vers un état de liberté qui s'affranchit du « regard d'autrui » et des « conventions ». Mais comme je l'ai dit plus tôt, le point de départ de mon travail était de caricaturer des personnes dont l'apparence et l'intériorité diffèrent. Pour peindre ces personnes, je me suis prise moi-même comme modèle, et c'est au fil de ce processus de caricature que j'ai découvert mon propre reflet dans l'image d'autrui. À partir de là, j'ai commencé à me tourner vers moi-même et j'ai voulu exprimer en peinture mon autoportrait sincère. Depuis lors, j'apparais dans tous mes tableaux, et c'est moi-même qui en suis le modèle.
HK : Je vais vous poser une question que l'on ne vous a peut-être encore jamais posée en interview. Écoutez-vous de la musique en travaillant, ou au quotidien ?
Kim : J'écoute beaucoup de musique, aussi bien en travaillant qu'au quotidien. Je pense que c'est le cas de la plupart des gens, et particulièrement de mes amis artistes. L'art est une activité qui consiste à exprimer, à l'aide de matériaux, une philosophie ou une pensée personnelle, ce qui suppose de pouvoir plonger profondément dans son propre univers. C'est une activité qui exige de la concentration, mais il n'est pas aussi simple qu'il y paraît de se plonger dans son travail exactement quand on le souhaite. Chacun essaie sans doute différentes méthodes à sa façon, mais dans mon cas, la musique m'aide énormément. C'est pourquoi une enceinte capable de sublimer la résonance d'un espace est pour moi un élément essentiel.
HK : J'ai remarqué qu'un casque de la marque D. apparaît dans l'une de vos œuvres. Est-ce un produit que vous utilisez ?
Kim : C'est un produit que j'utilisais à l'époque. Mes tableaux étant des peintures de mœurs du XXIe siècle, je peins toujours en gardant à l'esprit que les objets qui apparaissent dans mes œuvres pourront, longtemps après, constituer un bon indicateur de l'air du temps pour les générations futures. C'est pourquoi j'essaie d'intégrer, de la façon la plus riche et amusante possible, les objets à la mode de chaque époque. Le produit de la marque D. était à ce moment-là un objet que j'utilisais moi-même, et il est donc apparu tout naturellement dans mon tableau.
HK : L'enceinte que nous avons apportée aujourd'hui est un modèle de la gamme AURA Studio. Nous l'avons choisie parce que son design, mêlant Orient et Occident, nous a semblé proche de vos œuvres.
Kim : Une jarre en terre cuite, de l'encre, de la transparence... cela évoque des images orientales, ha ha, cela m'a immédiatement fait penser à mes propres œuvres. Dans mes tableaux, la partie jupe est en effet toujours représentée en couleur d'encre, de façon transparente. C'est aussi une caractéristique de mon travail : un procédé qui exprime ce naesoong où l'on voit tout à travers. Parmi mes œuvres, « Hidden Story » en particulier est un tableau qui renferme, sous cette jupe transparente, des significations diverses : l'innocence pure de l'enfance que je voudrais préserver, mes souvenirs précieux qui n'appartiennent qu'à moi, et des désirs auxquels on ne peut échapper. Cela semble rejoindre de nombreuses technologies que le seul design extérieur, si élégant soit-il, de l'AURA Studio ne suffit pas à montrer.