Chunjae Education, Udeungsaeng Nonsul | Édition de septembre : « Communiquer avec le monde grâce à la peinture coréenne »
Dans le numéro de septembre 2017 (p. 26-31) du magazine éducatif de bande dessinée et de rédaction 【Udeungsaeng Nonsul】, publié par Chunjae Education, une interview de la peintre coréenne Kim Hyun Jung a été publiée. Intitulée « Communiquer avec le monde grâce à la peinture coréenne », elle raconte à la première personne les circonstances qui l'ont amenée à choisir la peinture orientale, la genèse de sa série « Naesoong », ainsi que son exposition personnelle au Metropolitan Museum de New York et sa sélection par Forbes. (Reportage : Kim Seung-hyun, photos : Song Yeong-sin, Kim Hyun Jung Art Center)
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La peintre coréenne Kim Hyun Jung
Communiquer avec le monde grâce à la peinture coréenne
Il existe quelqu'un que l'on surnomme « l'idole de la peinture coréenne » : c'est la peintre coréenne Kim Hyun Jung. Loin des paysages naturels ou des *quatre plantes nobles que l'on associe généralement à la « peinture coréenne », Kim Hyun Jung attire l'attention du monde entier avec des œuvres originales inspirées du « quotidien de l'homme moderne ». Aujourd'hui, nous nous rendons dans l'atelier de Kim Hyun Jung, qui affirme que « la peinture coréenne aussi peut être amusante ! », pour découvrir comment est née cette peinture de mœurs du XXIe siècle, pleine de gaieté et de fraîcheur. Ne manquez pas non plus la petite exposition préparée pour vous, chers lecteurs d'Udeungsaeng Nonsul !
Reportage : Kim Seung-hyun, photos : Song Yeong-sin, Kim Hyun Jung Art Center
Avec le soutien de : Kim Hyun Jung Art Center
*Quatre plantes nobles (Maerangukjuk) prunier, orchidée, chrysanthème et bambou.
*Peinture de mœurs (Pungsokhwa) peinture représentant les coutumes d'une époque.
On joue en dessinant !
Bonjour, chers amis lecteurs d'Udeungsaeng Nonsul ! Bienvenue dans l'atelier de la peintre coréenne Kim Hyun Jung ! Je suis vraiment heureuse de pouvoir vous raconter mon histoire et vous présenter mes œuvres.
Et vous, à quoi jouez-vous ces temps-ci ? Quand j'étais petite, j'aimais colorier ou griffonner. Une fois concentrée, le temps filait sans que je m'en aperçoive.
C'est en CE2, dans un atelier de peinture, que j'ai vraiment commencé à apprendre à dessiner sérieusement. Petite, j'imitais toujours ma grande sœur : en la voyant apprendre à peindre, j'ai voulu faire pareil. Fréquentant l'atelier depuis l'enfance, je peignais déjà jusqu'à 13 heures par jour à partir de dix ans. Est-ce que c'était dur ? Non. Ce qui me plaisait, c'était de voir mes idées se transformer, sur le papier, en une œuvre achevée.
Quand j'étais enfant, mes parents s'intéressaient davantage au processus qu'au résultat : avais-je passé une bonne journée, avais-je fait de mon mieux. C'est sans doute grâce à cette éducation que, bien que j'aie appris à peindre très tôt, je n'ai jamais perdu mon intérêt pour le dessin.
Est-ce que je dessinais bien ? En coréen, dans le mot « art » (美術, misul), le caractère « sul » (術) signifie « technique ». En me disant que la technique s'améliore avec la pratique, j'ai travaillé dur et j'ai remporté de nombreux prix. C'est sans doute pour cela que les arts plastiques sont devenus ma matière préférée, et tout naturellement, mon rêve a toujours été de devenir peintre. Portée par ce rêve, je suis entrée tout naturellement dans un collège spécialisé en art.
Séduite par le charme de la peinture orientale
Vous voulez voir une de mes œuvres ? On y voit toujours une femme élégamment vêtue d'un hanbok. Elle ne vous rappelle personne ? Hihi, c'est en fait moi-même, un autoportrait. Dès le collège, j'étais fascinée par le hanbok. Ma mère en portait un à chaque événement familial, et les couleurs délicates, les bijoux d'un autre temps et le bruissement caractéristique du tissu me plaisaient énormément. Chaque fois que je portais ou touchais un hanbok, l'envie me venait d'en exprimer la beauté à travers la peinture.
En seconde, j'ai découvert pour la première fois la peinture orientale et j'en suis aussitôt tombée sous le charme. Contrairement à la peinture occidentale qui utilise la peinture, ici on emploie l'encre de Chine, ce qui était pour moi une vraie nouveauté. J'adorais cette sensation propre à la peinture orientale : même après plusieurs couches successives, les couleurs ne deviennent pas ternes, mais au contraire plus transparentes. Au moment de choisir ma spécialité, alors que la plupart de mes camarades optaient pour la peinture occidentale, j'ai choisi sans hésiter la peinture orientale. Les remarques du genre « Comment vas-tu gagner ta vie avec de la peinture orientale ? » ne m'atteignaient absolument pas. Je pensais que peindre à la coréenne était plus avant-gardiste que de courir après les techniques occidentales. Comme on dit souvent, ce qui est le plus coréen est aussi le plus universel. ^^
Pendant ma préparation aux examens d'entrée, je peignais toujours au moins six heures par jour. Comme je devais aussi étudier en parallèle, j'étais constamment occupée. Mais chaque fois que je pensais à Picasso, le peintre que j'admire, je retrouvais ma détermination. Picasso est réputé pour avoir été un travailleur acharné : il aurait achevé une œuvre tous les 2,2 jours en moyenne, pour un total de 13 500 œuvres jusqu'à ses 89 ans — vraiment impressionnant, non ? Avec l'idée de devenir « une peintre qui travaille dur », je m'asseyais sans relâche devant ma toile. Résultat : à la fin du lycée, j'avais peint pas moins de 26 tableaux au format 100 ho (160 × 130 cm). Ça mérite bien des félicitations, non ? Haha ^^
On joue en dessinant !
On peut dire que ses œuvres marient la technique orientale du su-muk-dam-chae (encre et couleurs légères) à la technique occidentale du collage. Vous êtes-vous déjà demandé, en admirant un tableau dans un musée : « Comment a-t-il été peint ? Avec quoi ? » Pour vous, chers amis lecteurs d'Udeungsaeng Nonsul, nous dévoilons le processus de création d'une œuvre de l'artiste Kim Hyun Jung !
❶ On met d'abord en scène et photographie la scène à peindre : une fois en hanbok, une fois en justaucorps moulant.
❷ À partir de la photo en justaucorps, on esquisse le personnage et on colore le corps.
❸ Par-dessus, on peint les vêtements en couleur. L'encre permet de rendre la légère transparence propre au hanbok.
❹ Pour restituer le bruissement caractéristique du tissu, on colle ensuite du hanji, comme si l'on habillait une poupée — et voilà, c'est terminé !
Comment naît l'histoire de Naesoong ?
Kim Hyun Jung a organisé une exposition personnelle sur l'invitation du Metropolitan Museum de New York.
Je vais vous raconter ma propre histoire de Naesoong
Après avoir terminé le lycée artistique, je suis entrée au département de peinture orientale de l'Université nationale de Séoul. En devenant adulte, j'ai commencé à me demander sérieusement : « Quel genre de personne suis-je ? Quel genre de personne devrais-je être ? » Depuis toute petite, j'étais très sensible au regard et aux attentes des autres. J'ai alors réalisé que je cachais mon vrai moi et que je vivais en me concentrant uniquement sur l'image que je renvoyais aux autres. Cette prise de conscience a commencé à se refléter dans mes œuvres. J'ai voulu représenter, en les *caricaturant avec humour sous le thème du « Naesoong », des personnes comme moi, obsédées par le regard d'autrui. Une précision au passage : le « Naesoong » dont je parle ne concerne pas uniquement les femmes. J'appelle ainsi cette attitude qui consiste à cacher ses faiblesses pour ne montrer que ses bons côtés, ce décalage entre les apparences et la réalité intérieure. Nous avons tous, à un moment ou un autre, des comportements dictés par le regard des autres. Je me suis dit qu'on pouvait représenter tous ces comportements de façon amusante dans une œuvre. Je voulais peindre une œuvre originale, partant de l'idée que même la peinture coréenne, jugée ennuyeuse, pouvait être drôle. C'est alors qu'est venue l'idée de « la femme en hanbok ». J'ai commencé à peindre, sans détour, le quotidien informel d'une femme élégante en hanbok — comme si une princesse espiègle de l'époque Joseon avait voyagé dans le temps pour atterrir à notre époque.
Quelle a été la réaction de mon entourage face à ce tableau ? En un mot : mauvaise. Pour obtenir mon diplôme, il fallait que mon travail de fin d'études soit validé, mais il a été refusé encore et encore. Or, ce qui m'a alors réconfortée, c'est justement la peinture : j'ai exprimé dans un tableau l'état d'esprit dans lequel je me trouvais, et c'est grâce à cette œuvre que j'ai finalement pu obtenir mon diplôme. Elle s'intitulait « Hwabyeong », un jeu de mots signifiant à la fois « vase à fleurs » et « mal de la colère rentrée ». ^^ Exprimer mes émotions de façon drôle à travers la peinture m'a procuré une véritable satisfaction, au point de surmonter la dépression que je traversais alors. C'est à partir de ce moment que je me suis dit : « Je veux peindre des œuvres qui me rendent heureuse de travailler. »
*Caricaturer Représentation volontairement comique de l'apparence, du caractère d'une personne, ou d'un événement.
L'art, pour que tout le monde en profite !
Après l'université, je me suis lancée pleinement dans la carrière d'artiste. La peinture coréenne traversait alors une période de stagnation sur le marché de l'art. Aussi, lorsque j'ai décidé de suivre sérieusement la voie de peintre coréenne, je n'imaginais même pas devenir célèbre ou vendre des tableaux. Je nourrissais seulement le modeste espoir de rapprocher l'art du quotidien des gens.
Combien de temps pensez-vous qu'il faut pour créer une seule œuvre ? Dans mon cas, il me faut dix heures de travail par jour, pendant un mois entier, pour achever un tableau. Je ne voulais pas que mes œuvres, peintes avec tant d'efforts, restent enfermées pour moi seule. Je souhaitais que beaucoup de gens puissent les regarder, en profiter et en discuter. C'est pourquoi j'ai commencé à communiquer activement avec les autres via les réseaux sociaux. Dès que je publiais une œuvre en ligne, les gens l'appréciaient. Leur enthousiasme est devenu pour moi un moteur pour créer de nouvelles œuvres, et j'ai aussi pu en tirer des idées. J'ai ainsi commencé à partager mes idées et mon processus de création avec mes abonnés, dont le nombre a fini par atteindre 120 000.
Je me suis dit que si les gens découvraient la peinture à travers différents médias, ils finiraient par venir aux expositions, puis par acheter des œuvres. Alors, les gens ne trouveraient plus l'art difficile d'accès, et il y aurait moins d'« artistes affamés ». C'est à partir de là que je me suis fixé pour objectif d'abaisser la barrière d'accès à l'art, afin que le plus grand nombre puisse en profiter. Car l'art, cela se partage.
★<La petite exposition de la peintre coréenne Kim Hyun Jung se poursuit.>
Au sommet du monde grâce à la peinture coréenne !
En 2013, j'ai enfin organisé ma première exposition personnelle. Les œuvres qui brisaient les idées reçues sur la peinture coréenne ont fait sensation. Les réactions du type « C'est amusant ! », « Quelle fraîcheur ! » se sont multipliées. Par la suite, j'ai continué à organiser régulièrement des expositions personnelles et à participer à de nombreuses expositions collectives en Corée comme à l'étranger, travaillant plus assidûment que quiconque. Mon exposition personnelle de 2014 a attiré le plus grand nombre de visiteurs jamais enregistré depuis l'ouverture du centre d'art, et la totalité des œuvres s'est vendue en deux jours seulement, ce qui a fait grand bruit. Mes expositions suivantes ont même établi un record national avec un total cumulé de 67 402 visiteurs. Cela m'a valu d'être reconnue comme ayant contribué à populariser la peinture coréenne.
Mes œuvres ont également suscité un grand intérêt à l'étranger. En 2016, j'ai organisé une exposition personnelle sur l'invitation du Metropolitan Museum de New York, et en 2017, j'ai eu l'honneur d'être la première artiste coréenne sélectionnée dans la liste « 30 under 30 » du magazine économique américain Forbes. Cela m'a aussi valu le surnom d'« idole de la peinture coréenne ». Je ne peux qu'être reconnaissante d'avoir reçu, en si peu de temps, un amour que je ne mérite peut-être pas totalement. ^^
Je me suis dit qu'en tant que peintre, la meilleure façon de rendre à la société ce qu'elle m'avait donné était de démocratiser l'art pour que davantage de gens puissent en profiter. On a souvent l'image d'un art « chic » et difficile d'accès. Pour que le plus grand nombre puisse découvrir l'art plus facilement, et même le posséder, j'ai commencé à créer des produits abordables : émoticones, estampes encadrées, coques de téléphone, cartes postales. C'est tellement plus beau que beaucoup de gens puissent posséder et apprécier un tableau peint avec tant d'efforts. ^^
Quand j'ai annoncé vouloir suivre la voie de peintre, beaucoup de voix inquiètes se sont élevées autour de moi. On m'a même conseillé de devenir designer ou de trouver un emploi en entreprise, à cause des préjugés selon lesquels les peintres meurent de faim. Je me lance dans diverses activités pour devenir un modèle et montrer aux enfants que le métier de peintre est aussi un choix accessible. Je rêve du jour où « peintre » figurera naturellement parmi les métiers auxquels rêvent les enfants. Si, parmi vous, chers amis d'Udeungsaeng Nonsul, certains aiment dessiner, lancez-vous et tentez l'aventure de devenir peintre ! Sur ce, au revoir !
L'exposition Naesoong de la peintre coréenne Kim Hyun Jung
Kim Hyun Jung attire l'attention du monde entier avec des peintures coréennes montrant une femme élégamment vêtue d'un hanbok en train de faire un tour de manège dans un parc d'attractions, de manger des tteokbokki dans la rue ou de jouer à une machine à pinces. Nous vous présentons maintenant ses œuvres pleines de gaieté et de fraîcheur !
Vous voulez voir davantage d'œuvres ? Rendez-vous sur le site de Kim Hyun Jung ! http://www.kimhyunjung.kr